Ma biographie

À propos / Mon portrait

Ma biographie

D'où je viens, ce que je fais, ce que je cherche.

La liberté s'invente depuis là où personne ne vient - et pourtant, c'est dans le lien que tout prend sens.

D'où je viens

Jérôme Labbé

J'ai grandi dans le Nord, enfant unique, dans une maison de campagne un peu isolée. Solitaire, j'ai appris le silence et l'observation. Mon héros, c'était l'homme invisible : le pouvoir de ne pas impacter, de voir sans être vu, de traverser le monde sans y laisser de trace. À l'école, j'ai assez vite appliqué la même stratégie : rester dans la moyenne, de la fin du primaire jusqu'au lycée, pour ne pas attirer l'attention.

Pendant ce temps, je composais mes ailleurs en silence. Une naissance rêvée en Casamance, pour filer en Golf sur l'autoroute avec du disco plein les enceintes, me promettant de m'offrir des sundae chaque semaine sur les Champs-Élysées. La liberté s'inventait depuis une chambre, celle de mes grandes cousines, où personne ne venait.

À la fac, la révolution numérique démarrait. Ce qui m'a frappé, c'est l'intuition que nous allions tous devenir émetteurs : le sens ne descendrait plus d'en haut, mais se construirait dans l'échange. En 1999, j'ai publié ma première page internet. Pendant dix ans, j'ai tenu ce rythme quotidien. Palo Alto m'a aidé à mettre des mots sur ce que je pressentais : la communication comme système, où chaque élément agit sur l'ensemble, où rien n'est isolé.

En start-up, pendant quinze ans, j'ai surtout appris en creux : ce qu'il ne faut pas toujours faire, ce qu'il ne faut pas toujours être. C'est là que j'ai forgé ma résilience. En 2009, mon fils est né, à l'autre bout du monde. Être parent, c'est accepter d'être vu, de devoir aligner ses actes sur ses paroles. Ça a tout ancré. En 2016, un grand groupe m'a offert tout autre chose : la responsabilité d'une équipe, le temps long, la transformation patiente. Accompagner ces collaborateurs m'a appris ce que signifie vraiment faire tenir un collectif : ajuster les rythmes, créer les conditions pour que chacun trouve sa place dans l'ensemble.

En 2024, j'ai démissionné sagement. En 2025, j'ai rejoint Anacours.

Ce que je fais

Je dirige aujourd'hui une agence d'accompagnement scolaire dans l'ouest parisien. C'est mon métier, mais ce n'est pas tout ce que je fais. Je lis, je regarde des films, j'écoute de la musique, je voyage. Je cherche à apprendre, à comprendre, à accumuler des connaissances. J'ai une passion pour les listes : les albums, les films, les livres, les idées, les lieux, les choses à découvrir. Je classe, je compare, je rapproche.

Je peux passer beaucoup de temps à chercher le troisième album d'un groupe, le film qui ressemble à un autre, ou l'idée qui permet de mieux comprendre une situation. Je crois que je fonctionne ainsi : je collecte. Puis je relie. Une lecture peut éclairer une expérience professionnelle, un film peut faire surgir une question de pédagogie, un voyage peut déplacer une certitude, une conversation peut remettre en cause une idée que je croyais acquise.

J'écris aussi. Pour garder une trace, mettre de l'ordre, partager, mais surtout pour continuer à comprendre.

Ce que je cherche

La question du vivre ensemble ne me quitte pas. La confiance est ce qui nous manque le plus pour construire des relations qui tiennent. Alors j'oscille : m'engager, observer, coordonner, faire. Ou tout lâcher, jeter les chaussures par-dessus bord, partir.

La curiosité me porte. L'indépendance me tient. Je cherche moins à accumuler qu'à comprendre ce que les choses racontent lorsqu'on les met en relation. Et quelque part, l'image d'une jeep, d'une paire de jumelles, et de gazelles de Thomson à l'horizon.